Incident en commission : ni "agression", ni "insultes", assure Rachida Dati à propos d'un échange avec une fonctionnaire, la gauche demande des "excuses"

Actualité
Image
Rachida Dati en commission des Affaires culturelles, le 2 avril 2025
Rachida Dati en commission des Affaires culturelles, le 2 avril 2025
par Soizic BONVARLET, le Mercredi 2 avril 2025 à 17:16, mis à jour le Mercredi 2 avril 2025 à 19:09

La ministre de la Culture, Rachida Dati, a affirmé ce mercredi 2 avril qu'il n'y avait eu ni "agression", ni "insultes", ni "menaces", lors d'un vif échange, la veille au soir, avec une fonctionnaire de l'Assemblée nationale. Accusant la ministre de "mensonge", la gauche refuse de reprendre l'examen de la réforme de l'audiovisuel public sans "excuses" de la part de Rachida Dati.

L'examen de la proposition de loi relative à "la réforme de l’audiovisuel public et à la souveraineté audiovisuelle" va-t-il pouvoir aller à son terme en commission ? Après la suspension des travaux mardi 1er avril au soir, suite à un incident entre la ministre de la Culture, Rachida Dati, et une administratrice de l'Assemblée nationale, relaté par LCP hier, les débats devaient reprendre ce mercredi à 15h.

La présidente de la commission souhaite que Rachida Dati "s'excuse"

Mais c'était sans compter les répliques de l'événement d'hier soir, la présidente de la commission des affaires culturelles, Fatiha Keloua Hachi (Socialistes) ayant tenu à introduire les travaux par un propos liminaire. "Hier soir dans notre commission se sont déroulés des faits graves", a-t-elle aussi estimé. "Dans cette commission, je n'accepterai jamais que nous puissions manquer de respect à nos administrateurs", a-t-elle poursuivi, souhaitant que "la ministre reconnaisse son comportement et s'excuse auprès de notre commission".

"J'ai vu des communiqués" disant "qu'il y avait eu une agression, qu'il y a eu des menaces, qu'il y a eu des insultes. Elles n'ont jamais existé", a martelé Rachida Dati en réponse, admettant tout au plus une "réponse un peu vive". Et la ministre de la Culture de souligner, pour décrire l'ambiance en commission mardi, que les rapporteurs du texte et elle-même avaient été qualifiés de "laquais de Bolloré" par un député de la France insoumise. 

"Monsieur Saintoul m'a traitée d'arriviste", a-t-elle aussi poursuivi, évoquant un échange avec l'élu LFI qui avait fait référence aux "laquais de Bolloré", lors de la discussion générale du texte. "Arriviste, pour une femme, on sait ce que ça veut dire. Je n'ai pas demandé d'excuses", a ajouté Rachida Dati.

"Vous aviez raison Madame la présidente, de me dire que je n'aurais pas dû avoir d'échange avec l'administratrice en direct, mais avec vous", a cependant reconnu la ministre, avant d'indiquer avoir demandé à sa directrice de cabinet d'appeler l'administratrice "pour confirmer qu'il n'y a eu ni d'insultes, ni d'agression, ni de menace, ce que [l'administratrice] a confirmé".

Des propos émaillés de protestations dans la salle de commission, poussant la présidente à décider d'une nouvelle suspension : "Vu les tensions qui sont beaucoup trop vives pour continuer sereinement, nous suspendons la séance. Nous la reprendrons à 18h30", a aussi indiqué Fatiha Keloua Hachi. 

La gauche demande en l'état un report des travaux

Dans une lettre à la présidence de l'Assemblée nationale, le groupe "Ecologiste et social", condamnant "les propos et l'attitude scandaleuse de Madame Rachida Dati", demandent que l'examen du texte soit "ajourné". Plusieurs députés du groupe ont également indiqué auprès de LCP refuser de siéger en commission à 18h30 si Rachida Dati n'est pas remplacée par un autre membre du gouvernement.

Une demande similaire a été formulée par le groupe "Socialistes" lors d'un point presse organisé à l'issue de la suspension, Ayda Hadizadeh réitérant l'exigence "d'excuses" de la part de la ministre. Estimant que Rachida Dati avait "choisi de mentir éhontément et de s'enfermer dans ce mensonge" en niant avoir "pris à parti de manière extrêmement violente une fonctionnaire de l'Assemblée", la députée a considéré que l'examen du texte ne pouvait pas reprendre en sa présence, faute d'un changement d'attitude de sa part.

Tweet URL

"On ne peut pas laisser passer une violence au travail de la part d'une ministre (...) Tant que nous ne serons pas revenus à la normale en reconnaissant qu'il y a eu un problème et à s'engager à ce que cela ne se reproduise plus, nous ne reprendrons pas", a conclu Ayda Hadizadeh.